ASIE / VIETNAM / MAI 24

Can Tho : immersion au coeur du delta du Mekong

Can Tho est la plus grande ville du delta du Mékong, 10e plus grand fleuve du monde. Avec ses 1,5 millions d’habitants et son pôle de développement économique le plus avancé de la région, elle en est même considérée comme sa capitale. 

Can tho est surtout connue des visiteurs pour ses marchés flottants, spécialité du sud-ouest du Vietnam. Dès l’aube, des échanges de marchandises agricoles se font entre commerçants et acheteurs, perpétrant des habitudes commerciales nées depuis plus d’un siècle et donnant au delta sa véritable identité culturelle. Le plus célèbre d’entre eux est sans nul doute le marché de Cai Rang, auparavant un point névralgique du commerce de gros à Can Tho. On y voyait une multitude de bateaux colorés de grossistes venus des provinces alentours mais également de petits commerçants et épiciers proposants café et petit-déjeuner, ce qui apportait une véritable animation au marché et permettait de véritablement comprendre et s’imprégner de la vie locale. 

Malheureusement, il ne reste plus grand chose du marché de Cai Rang aujourd’hui, seulement quelques bateaux sont présents pour donner une illusion aux touristes d’un marché actif. Si tu souhaites vraiment visiter un marché flottant, il reste encore celui de Phong Dien, un peu plus excentré (et plus local) ou celui de Long Xuyen, à  1h30 de route de Can Tho. 

Fort heureusement la visite de Can Tho ne se limite pas à ses marchés flottants. Du fait de son emplacement géographique et de son climat, la région est très fertile et permet des récoltes de fruits tout au long de l’année. Ce n’est donc pas les vergers qui manque. Can Tho détient d’ailleurs le surnom de “verger du Vietnam”. Les activités artisanales sont également bien ancrées dans la région et nous avons pu vivre une véritable immersion pour les découvrir. 

Retour sur une journée au coeur du delta du Mékong et dans la vie de ses habitants. 

Comment s’y rendre ? 

Située à 170 kilomètres au sud de Ho Chi Minh, tu n’auras aucun mal à trouver un bus pour te rendre à Can Tho. La ville disposant également d’un aéroport, je suppose qu’il n’est pas non plus difficile de s’y rendre par ce biais.

Depuis Ben Tre, il y a deux bus par jour qui partent pour Can Tho, un à 8h et un autre à 13h30. C’est ce dernier que nous avons pris. Nous avons acheté nos tickets directement sur place à la station Ben Xe et cela nous a couté 80 000 dongs par personne, soit 2,89 euros pour environ 3h de trajet.    

Où loger ? 

Nous avons logé au Chill Guesthouse Can Tho et pour 3 nuits nous avons payé la somme de 29 euros, soit moins de 10 euros par nuit, pour deux. Il est possible de prendre le petit-déjeuner sur place et de le déguster sur le rooftop qui offre une vue plutôt sympa, notamment au coucher du soleil.

L’hôtel porte bien son nom car l’ambiance est vraiment à la cool. Le propriétaire, un belge, parle très bien le français et sa femme est vietnamienne. C’est elle qui organise la plupart des tours qu’ils proposent. C’est donc l’un deux qui va être le sujet principal de cet article car nous avons passé une journée vraiment formidable en compagnie de Hué. 

Nous avons donc opté pour le ” Mekong Delta Lifestyle tour“qui consiste à faire une journée en scooter en suivant Hué pour une immersion dans un Mekong vraiment authentique, en allant au contact de population locale et de leurs traditions. Nous avons démarré le circuit aux alentours de 9h30. La traversée de la ville de Can Tho a marqué le début de l’aventure. Il vaut mieux être confiant en scooter quand on opte pour ce type de tour. Mais rassure-toi, si ce n’est pas le cas, Hué laisse la possibilité d’avoir un conducteur et de se laisser porter.

Après avoir fait le plein d’essence, nous avons mis le cap sur la première découverte de la journée, le marché local. Bon on va dire que mieux vaut ne pas être très sensible car ce ne sont pas les bestioles (vivantes ou non) qui manquent sur les étalages. Je t’avoue que je préférais largement me promener dans les allées de fruits/légumes, riz et épicerie, c’était plus agréable (même si je respecte totalement leur culture).  

Tout au long du chemin, nous avons fait pas mal d’arrêts. Que ce soit pour prendre des photos des rizières, en apprendre davantage sur les différents fruits (ou faire mumuse sur des ponts en bambou qui permettent de passer d’une rive à l’autre). 

Nous avons ensuite repris la route et traversé un premier village pour nous rendre chez une dame où nous avons “tenté” d’apprendre une technique de tressage d’un set de table. La jacinthe d’eau est la matière première principale utilisée pour les produits artisanaux de vannerie. Elle est récoltée directement dans le fleuve, coupée puis séchée au soleil durant plusieurs jours. C’est un travail qui demande beaucoup de minutie et de dextérité, c’était fascinant de la regarder faire avec autant de rapidité. Autant te dire que lorsque ce fût notre tour, ce fût un gros échec 🙂 

Nous l’avons ensuite suivi jusqu’à des champs derrière chez elle, une véritable expédition. Hué nous a alors expliqué que les familles possèdent plusieurs hectares de terrain et qu’ils se répartissent entre eux les jours de semence et de récolte. On l’a observée durant plusieurs minutes en train de déterrer du tapioca.

Nous avons ensuite repris le scooter et toujours après plusieurs arrêts sur la route, nous avons emprunté un ferry pour nous rendre dans un nouveau village. Les locaux étaient surpris de nous voir sur le bateau mais ils semblaient aussi très contents. Après la courte traversée, nous avons effectué un stop dans une usine familiale de coco. L’attitude du papi qui nous a accueilli a été notre meilleur moment de la journée. Nous nous sommes d’abord posé avec lui et Hué autour d’un café, eau de coco et des fruits qu’il était très heureux de nous faire découvrir. Puis il nous a amené dans son énorme jardin pour nous faire gouter des cocos mais également de la canne à sucre. On en trouve beaucoup en Asie sous forme de jus pressé. Là il nous a demandé de croquer directement dans la branche et d’en aspirer le jus. C’était vraiment très bon. S’en est ensuite suivie une partie animée avec lui, au baby-foot. Même si nous n’avons pas de photos de ce moment, son sourire et son rire resteront un de nos meilleurs souvenirs. C’est ce genre de moment très simple et authentique que l’on aime vivre en voyage.

Autre moment fort de cette journée, la visite d’une usine familiale de papiers de riz, le banh trang. Si nous avons bien compris ce que Hué nous a expliqué, ce savoir-faire existe depuis plusieurs siècles.

Le papier est fabriqué à partir de farine de riz et d’eau. La pâte est étalée sur un torchon tendu au-dessus d’une casserole d’eau, à l’aide d’une coquille de noix de coco puis recouverte d’ue sorte de grand chapeau conique. Une fois que la vapeur commence à s’évaporer, le papier de riz est retiré à l’aide d’une spatule et déposé sur un séchoir fabriqué à partir de feuilles de cocotier.

Il existe plusieurs variantes en goût (piment, noix de coco, sucré). Evidemment nous nous sommes fait un plaisir d’y gouter. La petite mamie qui nous a reçue était vraiment aux petits soins envers nous. Elle nous a même laissé faire quelques papiers de riz et autant te dire que ce n’est pas facile de les disposer sur le séchoir sans les trouer tellement c’est fin. Après cette bonne dégustation, nous avons été dans le jardin juste en face pour cueillir des mangoustines (la reine des fruits). Son goût rappelle un peu celui de la framboise. 

Après avoir traversé durant très longtemps le village et des vergers sur des routes microscopiques, repris un ferry, s’être arrêté prendre quelques photos du très joli pont de Can Tho, nous avons atterris dans un temple caché. Nous avons eu le privilège de regarder deux jeunes filles peindre les statues que l’on peut retrouver dans différents temples du Vietnam. Tout est fait à la main donc mieux vaut ne pas avoir la tremblotte. 

Après cette visite du temple, nous pensions que le tour était terminé. Et bien non, Hué nous a de nouveau amenés dans un village où l’on fabrique la peau de tofu (ou feuille de tofu) qui est à base de soja. Celui-ci boue dans des grosses marmites plates placées au dessus d’un four que le travailleur doit sans cesse surveiller pour le maintenir à une certaine température. Progressivement, une petite peau se forme sur le dessus et celle-ci est retirée puis séchée. 

Ce fut notre dernière découverte de la journée. Il fut ensuite temps pour nous de rentrer à l’hôtel, non sans un dernier petit arrêt sur le pont pour admirer un beau coucher de soleil. De quoi clôturer cette longue et riche journée en beauté. 

Evidemment que je te recommanderai sans hésiter de privilégier un tour en scooter comme celui-ci plutôt qu’un tour au marché flottant “inexistant”. Tu en apprendras bien plus sur la culture du Mékong et en ressortiras riche d’échanges avec les locaux, même si la plupart seront non verbaux. Mais les rires et les sourires suffisent pour se comprendre. 

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